8:34 - October 20, 2020
Code de l'info: 3474501
Téhéran(IQNA)-Ce lundi, les autorités françaises ont lancé une vaste opération policière « contre la mouvance islamiste ». Une opération qui vise de nombreux imams et des ONG musulmanes.
Selon le ministère de l’Intérieur, une « fatwa » avait été lancée contre un professeur d’histoire-géographie décapité la semaine dernière. Une excuse pour taper dans la communauté musulmane, car en réalité, les perquisitions concernent plus globalement les milieux musulmans non liés à cette affaire.
 
Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, l’a d’ailleurs dit : les « dizaines d’individus » visés n’ont en effet pas un « lien forcément avec l’enquête ». Le ministre affirme avoir « manifestement envie de faire passer un message » à ces personnes : elles n’auront « pas une minute de répit », considérées comme des « ennemis de la République ».
 
Tout a commencé par la perquisition pour le moins musclée de BarakaCity il y a quelques jours. Son fondateur, Idriss Sihamedi, a été réveillé le matin par la police et violenté. Toutes les personnes perquisitionnées depuis ont pour point commun d’être surveillées par les services de renseignement.
 
Rien à voir donc, forcément, avec l’assassinat de Samuel Paty. Le président Emmanuel Macron a assuré que « la peur va changer de camp » et que « les islamistes ne doivent pas pouvoir dormir tranquilles dans notre pays ». Problème : le gouvernement a tendance à taxer d’islamisme tous les musulmans trop actifs ou aux audiences trop importantes.
 
Gérald Darmanin a prévenu que 51 structures associatives « verront toute la semaine un certain nombre de visites des services de l’État et plusieurs d’entre elles (…) se verront dissoudre en Conseil des ministres ». Outre BarakaCity, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et d’autres ONG sont considérés comme des « ennemis de la République ».
 
Selon nos informations, plusieurs imams sont dans le viseur des autorités : Nahik, un imam de l’Oise, mais également Sheikh Nordine et Abou Saad ont vu la police débarquer pour des perquisitions. On leur reproche d’avoir un auditoire trop important. Lors d’une perquisition, un enfant resté seul à la maison a vu la brigade débarquer.
 
D’autres imams sont convoqués en préfecture par téléphone, nous précise une source proche du dossier. Le Collectif Anti Guerre, joint par téléphone, « apporte son soutien aux musulmans dans ce que nous jugeont être une répression islamophobe d’Etat ».
 
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