11:31 - April 12, 2021
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Téhéran(IQNA)-Des regroupements de citoyens et des élus ont dénoncé vendredi l’attaque perpétrée contre le Centre communautaire islamique de l’est de Montréal et sommé le gouvernement de François Legault à réagir.

Aussi connu sous le nom de Centre communautaire islamique Assahaba, le lieu de culte situé à l’angle des rues Bélanger et 23e avenue à Montréal a été visé par des projectiles, lundi.


Au cours d’un point de presse devant la mosquée, plusieurs intervenants ont souligné que cette «attaque de trop» n’avait rien de surprenant. Ils ont fait état d’une hausse de gestes à caractère haineux visant les populations de confession musulmane au Québec depuis les premiers débats sur la loi 21. Celle-ci a été adoptée en juin 2019.

Le rabbin Michael Whitman qui dirige une synagogue à Hampstead , sur l’île de Montréal, a dit partager la peine de la communauté musulmane, affirmant que lorsqu’une mosquée est touchée ce sont toutes les mosquées et toutes les synagogues qui sont touchées. «Cela veut dire que non seulement les musulmans sont en danger, mais que les Juifs aussi sont en danger», a-t-il ajouté.


«Non à la haine»

La conférence réunissait une vingtaine de personnes qui souhaitaient «en finir avec la violence une fois pour toutes». Plusieurs voix se sont élevées pour prononcer des discours appelant à l’unité.

«Notre message cet après-midi est non à la haine, a lancé la présidente et fondatrice de l’organisme Communication pour l’ouverture et le rapprochement interculturel, Samira Laouni. Construisons le Québec ensemble. Nous avons le devoir de protéger ce vivre-ensemble et cette harmonie sociale. Nous sommes réunis ici pour le dire haut et fort.»

Mme Laouni regrette et s’explique mal le silence du gouvernement québécois. Elle appelle le premier ministre du Québec à «porter ses culottes pour dire non à la haine et non à la violence faite à l’endroit des lieux de culte».


Le directeur des affaires québécoises pour le Conseil national musulman canadien, Yusuf Faqiri, déplore que le ministre responsable de la Lutte contre le racisme, Benoit Charette, ai décliné leur invitation et s’interroge sur le mutisme de François Legault par rapport à la situation tandis que d’autres élus ont montré leur soutien à la communauté touchée.

Le député solidaire, Vincent Marissal était d’ailleurs présent. «Depuis [l’attentat à] la mosquée de Québec, on n’a pas le droit d’être complaisant, a-t-il souligné. On ne peut pas rester assis parce que si on ne dit rien, on minimise la portée d’un acte comme ça. On se doit de se lever et de dire non: on n’acceptera pas ça au Québec.»

Mosquée sous surveillance

Une caméra de surveillance récemment acquise a permis de capter les images qui ont été diffusées par le centre islamique. Celles-ci ont fait le tour des réseaux sociaux.

Le système de sécurité avait été acheté grâce à une subvention du gouvernement fédéral, en vertu du Programme de financement des projets d’infrastructure de sécurité pour les collectivités à risque. Cette initiative vise à protéger les lieux de culte notamment pour prévenir les crimes haineux.

C’est la troisième attaque du genre dont le centre Assahaba est victime. Cette fois-ci les images pourront non seulement aider la police à mener son enquête, mais cela va également amener la société à prendre ses attaques plus au sérieux, a expliqué un membre de la congrégation dans une vidéo sur Facebook.

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