4:27 - April 18, 2021
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Téhéran(IQNA)-Le Ramadan 2021 a débuté le 13 avril dernier. Pour la seconde année consécutive, ce mois de jeûne, un des piliers de l'Islam, est totalement bouleversé. Deux fidèles de la mosquée de Baleone témoignent.
Devant l'entrée de la mosquée de Baleone, dans la périphérie d'Ajaccio, trois personnes s'entretiennent avec l'Imam. Ils font partie des rares fidèles à encore faire le déplacement pour prier.
 
Depuis plus d'un an, le Covid19 a chamboulé la vie du lieu de culte, au grand désespoir de Miloud Mesghati, président du conseil régional du culte musulman de Corse et de l'union des Marocains de Corse-du-Sud. "C'est triste, plus personne ne vient", soupire-t-il. Habituellement, jusqu'à 500 personnes se déplacent tous les vendredis pour prier, aujourd'hui ils n'étaient pas plus de 130.
 
Pour la deuxième année consécutive, la pandémie bouleverse aussi les rites du Ramadan. Débuté le 13 avril, ce mois de jeûne fait partie des cinq piliers de l'islam. Ainsi, avec les restrictions sanitaires imposées par le gouvernement et la mise en place du couvre-feu à 19 heures, impossible d'organiser les prières collectives nocturnes, les tarawih. "Nous effectuons 13 unités de prières, rak'a, et nous récitons une partie du Coran chaque jour. À la fin du mois, on a récité les 60 sourates, soit la totalité du Coran. Mais ce n'est pas obligatoire et chacun fait comme il peut", explique Abdoulaziz Abri, fidèle de la mosquée de Baleone et ancien professeur.
 
"Les gens ont peur d'être contaminés"
Les restrictions sanitaires impactent aussi le moment le plus important de la journée : la rupture du jeûne, l'iftar. Alors qu'habituellement ce moment est l'occasion de se regrouper entre amis ou voisins pour dîner, cette année encore, il est restreint au cercle familial. "Normalement, on cuisine ensemble, puis nous mangeons ici tous ensemble. Cette année encore, on ne fait rien", reprend Miloud Mesghati.
 
À côté de lui, Abdelaziz Abri hoche la tête. "Les gens ont peur d'être contaminés, alors ils ne viennent pas. Durant ce mois, habituellement, il y a une très belle ambiance, très religieuse", complète-t-il. Pourtant, dans la salle de prière, tout est fait pour accueillir les fidèles dans le plus strict respect des règles sanitaires : des masques et du gel hydroalcoolique sont à disposition et seul un emplacement sur deux est utilisé.
 
Dans la salle de prière de la mosquée de Baleone, des masques et du gel hydroalcoolique sont mis à disposition et et seul un emplacement sur deux est utilisé.
 
Dans la salle de prière de la mosquée de Baleone, des masques et du gel hydroalcoolique sont mis à disposition et et seul un emplacement sur deux est utilisé.
Des paniers repas pour les plus démunis
Si le Covid19 empêche la bonne tenue des rites religieux, il n'enlève rien à l'esprit du Ramadan : le partage. Durant un mois, l'union des Marocains de Corse-du-Sud prépare des repas pour les plus démunis. "À Ajaccio, nous mettons à disposition des paniers repas dans un café. Nous aidons 90 personnes par jour", détaille Miloud Mesghati.
 
Une distribution que l'association effectue aussi dans d'autres villes du département, à l'université et dans les maisons d'arrêt d'Ajaccio, Borgo et Casabianca. "Il y a de plus en plus de personnes qui se retrouvent dans le besoin. Tout ça c'est à cause du virus, beaucoup de gens n'ont plus de travail", continue le président de l'union des Marocains de Corse-du-Sud.
 
Malgré deux années consécutives de restrictions, les fidèles rencontrés prennent la crise sanitaire avec philosophie et espèrent que le virus ne soit plus qu'un mauvais souvenir l'année prochaine. 
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