9:41 - January 18, 2022
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Téhéran(IQNA)-Tradition millénaire dans le monde arabe et islamique, la calligraphie arabe est entrée, le 14 décembre, dans la liste du patrimoine culturel immatériel établi par l'UNESCO.

Pour ce faire, 16 pays du monde arabo-musulman se sont réunis afin de porter cette candidature. Pour l'organisme, le patrimoine culturel immatériel demeure, plus que jamais, « un facteur important de maintien de la diversité culturelle face à une mondialisation croissante. »

Afin de soutenir l'entrée au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, l'Arabie saoudite, l'Algérie, le Bahreïn, l'Égypte, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Mauritanie, le Maroc, Oman, la Palestine, le Soudan, la Tunisie, les Émirats arabes unis et le Yémen, n'ont pas hésité à se fédérer. Une illustration du dépassement des conflits à travers une culture en partage – même dans le cas de sérieux différends, comme entre l'Arabie saoudite et le Yémen, ou l'Algérie et le Maroc.

“Symbole du monde arabo-musulman”

« La calligraphie arabe est la pratique artistique de l'écriture manuscrite en arabe de manière fluide pour transmettre l'harmonie, la grâce et la beauté », explique l'UNESCO pour définir cette pratique, entre culture, artisanat et religion. « La fluidité de l'écriture arabe offre des possibilités infinies, même au sein d'un seul mot, car les lettres peuvent être étirées et transformées de nombreuses façons pour créer différents motifs », ajoute encore l'institution internationale.



Caligraphie sur pierre. Grande Mosquée, Xi'an. dans la province de Shaanxi, Chine. (Crédits : Kandukuru Nagarjun (CC BY 2.0))

Le Ministre de la Culture saoudien, le prince Badr bin Abdullah bin Farhan Al-Saud, a salué la décision et a déclaré, dans un communiqué publié par l'agence de presse officielle saoudienne, qu'elle « contribuerait au développement de ce patrimoine culturel ».

Abdelmajid Mahboub de la Saudi Heritage Preservation Society, qui a participé à la proposition, a souligné que la calligraphie « a toujours servi de symbole du monde arabo-musulman ». Il a tout de même déploré que « beaucoup de personnes n'écrivent plus à la main en raison des avancées technologiques », et pointé que le nombre d'artistes calligraphes arabes spécialisés avait fortement chuté ces dernières décennies. L'inscription à l'UNESCO « aura certainement un impact positif » sur la préservation de la tradition, conclut-il néanmoins.

Un art né au VIIIe siècle

Il faut tout de même rappelé que si la plupart des calligraphies sont islamiques et en arabe, les manuscrits coptes ou chrétiens en arabe ont également fait usage, par exemple, de la calligraphie, comme il existe une calligraphie islamique en langue perse ou ottomane pour ne citer qu'eux.

Dans la culture islamique, la calligraphie est perçue comme un art de la plume et comme une expression du sacré. Motivée historiquement par  la contemplation et le respect religieux, elle est une expréssion alternative devant l'interdiction, dans l'islam, de la représentation figurative des formes. L'expréssion artistique en terre d'islam s'est ainsi fixée sur la langue écrite devenue ornement. Décorer la parole sacrée du Coran sera d'ailleurs cette fois-ci soutenu par les traditions religieuses de l'Islam.

Historiquement, l'écriture arabe a également subi différentes réformes, ainsi que des influences de styles d'écriture régionaux et d'époque - principalement à la suite de conquêtes et de conversions à l'islam. Aujourd'hui, les principaux styles ont été classés en six types. 

Parmi ses types de calligraphies, la plus ancienne semble avoir été l'écriture coufique, du nom d'une ville en Irak, Kufa, apparue à la fin du VIIIe siècle, avant l’apparition du Naskhi développé au IXe siècle. Ce dernier style, connu comme l'écriture utilisée pour le Coran, est le plus célèbre. Par conséquent, il est parfois considéré à tort comme l'écriture arabe type.

On peut également citer le Thuluth, développé au Xe siècle comme une écriture d'affichage pour décorer des objets scripturaires, le riq'ah, mélange de Thuluth et Naskhi, le divanî, développé au Xe siècle et qui atteint son apogée au XVIIe siècle grâce aux ottomans, ou encore le Tal'iq, issu de la culture persane préislamique.



Lampe de mosquée avec inscriptions en écriture thuluth, début XIVè siècle, époque mamelouke Egypte ou Syrie, verre avec décor émaillé et peinture d'or 34 cm de haut, Musée d'art islamique de Berlin (Crédits : Jean-Pierre Dalbéra (CC BY 2.0))

Parmi les grandes figures de cet art de la ligne et de la conception, on peut citer l'un des premiers, Ibn Muqla, calligraphe du début du Xe siècle de l'époque abbasside, ou plus récemment, l'irakien Hassan Massoudy, né en 1944, et considéré par l'écrivain français Michel Tournier comme le « plus grand calligraphe vivant ». Il vit actuellement à Paris.



Calligraphie de Hassan Massoudy (Compte Facebook)

Pour l'UNESCO, l'importance de la calligraphie arabe « n'est pas dans la manifestation culturelle elle-même, mais plutôt la richesse des connaissances et des compétences qui sont transmises à travers elle d'une génération à l'autre ».

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