2:38 - January 19, 2022
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Téhéran(IQNA)-Dans un climat aigre, le Conseil français du culte musulman (CFCM) vit probablement ses derniers jours. Une assemblée générale extraordinaire pourrait être organisée le 19 février, à Paris, en vue de sa dissolution.

C’est du moins l’intention exprimée par les membres du bureau de cet organisme, qui représente la deuxième religion de France auprès des pouvoirs publics, réunis par visioconférence, dimanche 16 janvier. Un bureau extraordinaire devait avoir lieu mardi 18 janvier pour adopter officiellement ce calendrier. Cette décision pourrait laisser la voie libre à une éventuelle nouvelle structure, si tant est que les acteurs issus du Forum pour l’islam de France (Forif), organisé par l’Etat, en éprouvent la nécessité.

L’existence du CFCM s’achève dans une bataille de communiqués où volent les noms d’oiseaux. Elle oppose, d’un côté, les quatre fédérations qui en ont quitté le bureau en mars 2021 (la Grande Mosquée de Paris, la Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles, Musulmans de France et le Rassemblement des musulmans de France) et, de l’autre, les quatre fédérations qui y sont demeurées (l’Union des mosquées de France, le Comité de coordination des musulmans turcs de France, la Confédération islamique Milli Gorus France et Foi et pratique).

Querelle pour la présidence
Sous l’impulsion du recteur de la Grande Mosquée de Paris (GMP), Chems-eddine Hafiz, les démissionnaires ont formé une « coordination » lorsque trois fédérations ont refusé, il y a un an, de signer une charte des principes pour l’islam de France. La semaine passée, ils ont essayé d’organiser un regroupement des deux clans antagonistes. Selon eux, c’était devenu possible depuis qu’en décembre 2021 les trois fédérations en question ont finalement pris le parti de signer cette charte censée constituer le socle d’un organisme régulateur des imams et des aumôniers. Bien qu’elles en aient quitté le bureau, elles ont revendiqué, vendredi, la présidence tournante du CFCM. Après Mohammed Moussaoui (UMF), dont le mandat s’achève le 19 janvier à minuit, c’est Chems-eddine Hafiz qui devait lui succéder pour deux ans, aux termes de l’accord intervenu lors des élections de 2020.

Opposées à cette prétention, les quatre fédérations demeurées au bureau du CFCM ont choisi une autre voie. Elles ont annoncé qu’à partir du 20 janvier le CFCM serait dirigé par une présidence collégiale formée des deux vice-présidents non démissionnaires du bureau. « Seule une assemblée générale extraordinaire est habilitée, conformément aux statuts du CFCM, à réintégrer les démissionnaires dans le bureau et à prendre les décisions qui s’imposent pour [son] devenir », ont-elles déclaré, dimanche. Elles ont fixé au 19 février la date de cette assemblée générale qui aura pour unique ordre du jour le vote de la résolution suivante : « Dissolution du CFCM pour permettre aux acteurs du culte musulman au niveau local de mettre en place une nouvelle forme de représentation démocratique du culte musulman. » Lundi, la GMP a « confirmé son retrait total et définitif de toutes les instances du CFCM », non sans dénoncer ce qu’elle appelle « les manigances » de la présidence actuelle. Triste épitaphe pour un enterrement.

lemonde

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