Australie : des organisations islamiques dénoncent des lois sur la « haine » jugées discriminatoires

12:02 - January 23, 2026
Code de l'info: 3494557
IQNA-Plus de cinquante organisations islamiques et responsables sociaux musulmans en Australie ont exprimé leur vive opposition aux nouvelles lois gouvernementales sur la « haine », qu’ils jugent discriminatoires et explicitement dirigées contre la communauté musulmane.

Dans une déclaration commune relayée par des sources australiennes, ces institutions estiment que les mesures récemment adoptées visent de manière ciblée les musulmans du pays sous couvert de lutte contre la haine.

Ces lois ont été approuvées à la suite de la fusillade survenue le 14 décembre à Bondi Beach, à Sydney, lors d’un événement lié à la communauté juive. Selon le texte législatif, le ministre compétent dispose désormais du pouvoir d’interdire des groupes qualifiés de « motivés par la haine ».

Les organisations islamiques avertissent que cette loi criminalise rétroactivement des comportements auparavant légaux : la simple appartenance à un groupe interdit peut entraîner jusqu’à sept ans de prison, tandis que tout soutien financier ou administratif est passible de peines allant jusqu’à quinze ans d’emprisonnement.

Face aux critiques et à la pression de l’opinion publique, le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a temporairement retiré la disposition relative à « l’insulte raciale ». Toutefois, d’autres mesures sévères, notamment la criminalisation des activités des « prédicateurs de la haine » et même des conférenciers invités, ont été maintenues. De son côté, Susan Ley, cheffe de l’opposition, a affirmé que ces lois visaient désormais à lutter contre « l’antisémitisme et l’extrémisme islamique ».

Les institutions islamiques dénoncent une continuité des politiques islamophobes mises en place après les attentats du 11 septembre. Elles soulignent que les restrictions affectant la majorité blanche australienne sont supprimées ou réécrites, tandis que celles portant atteinte aux droits des musulmans sont adoptées sans modification. La déclaration conclut que cette situation représente une nouvelle forme de la « guerre contre le terrorisme », laissant la communauté musulmane assiégée pendant que le reste du pays poursuit une vie normale.

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