Une manifestation contre l'islamophobie en France

9:55 - February 02, 2026
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IQNA-Une manifestation contre l'islamophobie et le racisme rassemble jusqu'à 200 personnes à Chalon-sur-Saône À l'appel de plusieurs collectifs militants, le cortège a traversé le centre-ville avant de se rassembler devant l'Hôtel de Ville, en présence de figures locales et nationales de l'antifascisme et de la gauche. Plus de détails avec Info Chalon.

Samedi 31 janvier 2026, une manifestation contre l'islamophobie et le racisme s'est tenue à Chalon-sur-Saône, à l'initiative de plusieurs collectifs et organisations militantes locales et nationales de gauche.

Le rassemblement, dont le point de départ était fixé Place de Beaune à 14 heures 30, a réuni entre 150 et 200 personnes, selon les organisateurs et les premières estimations sur place.

L'appel à manifester avait été lancé par Chalon l'Insoumise 71, Libawat et Génération Espoir Dignité Résistance (EDR), un mouvement citoyen créé en 2025 qui entend fédérer des organisations antifascistes, de jeunesse et communautaires autour de la lutte contre l'islamophobie, le racisme et la montée de l'extrême droite en France.

Plusieurs figures militantes et politiques présentes
Parmi les personnalités présentes figuraient Zine-Eddine Messaoudi, le porte-parole de la Jeune Garde antifasciste, collectif né à Lyon et engagé contre l'extrême droite et les violences qui lui sont associées. Étaient également annoncés Raphaël Arnault, le député de la 1ère circonscription du Vaucluse élu sous l'étiquette La France insoumise – Nouveau Front Populaire (LFI-NFP), Morgane Guéchi, la présidente de Libawat, Damien Saley, le candidat de l'Union Populaire Chalonnaise soutenue par LFI, ainsi qu'Assia Benslimane, la porte-parole de Génération EDR.

Ancien cofondateur de la Jeune Garde, Raphaël Arnault est une figure politique parfois controversée en raison de son passé militant antifasciste. Son parcours a fait l'objet de débats médiatiques, notamment après que certains médias ont évoqué une supposée inscription au fichier S, une qualification que l'élu conteste.

Libawat, un collectif local engagé
Parmi les organisations mobilisées, Libawat occupe une place particulière dans le paysage militant chalonnais. Créé à la suite de plusieurs cas de discriminations, notamment des refus d'accès à des formations professionnelles pour des femmes portant le voile, le collectif – dont le nom signifie «Lionnes» en arabe classique – se définit comme entièrement autonome, composé exclusivement de femmes, et non affilié à des organisations politiques ou religieuses structurées. Il est principalement engagé dans la défense des droits des femmes musulmanes et la lutte contre l'islamophobie et les discriminations liées à la pratique religieuse.

Un cortège dans le centre-ville
Le cortège a défilé dans les rues du centre-ville, empruntant notamment la Grande Rue, la Rue du Châtelet et la Rue au Change , au son de slogans tels que «Siamo tutti antifascisti». Les manifestants ont dénoncé ce qu'ils qualifient «d'attaques islamophobes» de la part de Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, régulièrement critiqué par une partie de la gauche et des milieux associatifs pour certaines de ses prises de position.

La manifestation s'est conclue sur les marches de l’Hôtel de Ville, où plusieurs prises de parole se sont succédé, appelant à la vigilance face à la montée des discours racistes et à la défense de l'égalité des droits.

Lors des prises de parole, Karima Sadi et Fatima Sadi, représentantes de Mâcon Citoyens, ont également dénoncé les agissements du Frontières, média militant d'extrême-droite centré sur les questions d'immigration, d'identité et de sécurité. Elles reprochent notamment à ce média d'avoir relayé des contenus mentionnant des adresses personnelles, ainsi que des propos tenus par Baptiste Delcroix, candidat de l'Union des droites dans la cité lamartinienne.

Ce dernier accuse la liste Mâcon Citoyens «d'entrisme islamique et de communautarisme exacerbé», en s'appuyant, selon lui, sur un message électoral adressé à des électeurs de confession musulmane appelant à l'inscription sur les listes électorales avant le 6 février. Les formules «Salam aleykoum» et «inch’Allah» y sont notamment citées comme éléments à charge. Des accusations rejetées par les intéressées, qui dénoncent une stigmatisation politique et religieuse.

La liste Mâcon Citoyens, conduite par Ève Comtet-Sorabella, rassemble le Parti communiste français, Les Écologistes et, depuis janvier 2026, La France insoumise.

Dans un contexte national marqué par la montée des tensions autour des questions identitaires et religieuses, les organisateurs ont affirmé leur volonté de maintenir la mobilisation dans la durée. À Chalon-sur-Saône, cette manifestation se voulait à la fois un signal d'alerte et un appel au dialogue, rappelant, selon ses participants, l'importance de lutter contre toutes les formes de racisme et de discrimination dans l'espace public.

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