Exil numérique : un nouvel outil israélien pour contrôler la mosquée Al-Aqsa

11:01 - February 05, 2026
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IQNA-À l’approche du mois sacré de Ramadan, les politiques restrictives imposées par les autorités israéliennes autour de la mosquée Al-Aqsa connaissent une nouvelle évolution que des observateurs palestiniens qualifient désormais d’« exil numérique ».

Selon palinfo, cette méthode viserait à limiter la présence des fidèles palestiniens dans l’enceinte de l’esplanade des Mosquées en amont d’une période religieuse particulièrement sensible.

Des dizaines de jeunes Palestiniens résidant à Jérusalem-Est auraient récemment reçu, via l’application WhatsApp, des messages les informant de leur interdiction d’entrer dans la mosquée Al-Aqsa pour des périodes allant de quatre à six mois. Cette procédure, présentée comme inédite, aurait pour objectif principal de réduire le nombre de fidèles et de personnes en retraite spirituelle (itikaf) avant le Ramadan.

Les messages, qui seraient envoyés par les services de sécurité israéliens, contiennent le nom du destinataire, son numéro d’identité et la durée de l’interdiction. Ils illustreraient, selon des observateurs, une utilisation croissante d’outils numériques à des fins de surveillance et de contrôle dans la ville. Parallèlement, d’autres Palestiniens continuent de recevoir des décisions similaires de manière directe, après avoir été convoqués au poste de police d’Al-Qishla, dans la vieille ville de Jérusalem.

Ces ordres d’éloignement ont suscité une vive colère parmi les habitants palestiniens de Jérusalem. Ils toucheraient divers segments de la société : employés du Waqf islamique, anciens détenus, gardiens de la mosquée, journalistes et militants communautaires. Cette intensification intervient alors que la police israélienne se prépare, selon les mêmes sources, à imposer des restrictions supplémentaires d’accès à Al-Aqsa pendant le Ramadan, dans le but déclaré de limiter la présence palestinienne.

Le Centre d’information Wadi Hilweh a rapporté que plus de 135 ordres d’éloignement visant Al-Aqsa et la vieille ville ont été enregistrés pour le seul mois de janvier. Ridwan Amr, l’un des gardiens de Jérusalem, a déclaré avoir reçu un message WhatsApp provenant d’un numéro inconnu, identifié ensuite comme appartenant à la police, l’informant de la prolongation de son interdiction de six mois. Selon lui, cette méthode serait liée à l’augmentation du nombre de décisions similaires.

Rassem Obeidat, spécialiste des affaires de Jérusalem, estime que cette évolution s’inscrit dans une politique planifiée. Il affirme que les autorités israéliennes élargissent délibérément la portée des interdictions avant le Ramadan et recourent aux moyens numériques pour accélérer leur mise en œuvre. D’après lui, ces mesures ne relèvent pas seulement d’initiatives individuelles de responsables considérés comme extrémistes, mais reflètent une approche gouvernementale plus large visant à sécuriser strictement la période du Ramadan et à réduire la présence musulmane dans la mosquée.

Obeidat considère que cet « exil numérique » constitue une violation du droit international ainsi que de la liberté de culte et de circulation des Palestiniens vers leurs lieux saints. Il met en garde contre ce qu’il décrit comme une tentative d’imposer de nouvelles réalités sur le site, allant au-delà de la division temporelle et spatiale déjà contestée.

Il souligne également l’ouverture de nouveaux itinéraires pour les incursions de colons dans l’enceinte de la mosquée, qu’il interprète comme un signe supplémentaire d’escalade. Selon lui, ces développements, combinés aux restrictions visant les pratiques religieuses musulmanes durant le Ramadan, feraient peser de sérieuses menaces sur l’avenir et le statut historique de la mosquée Al-Aqsa.

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