Selon shafagnews, Nikita Darani incarne une génération de femmes qui, malgré des restrictions sociales et éducatives importantes, continuent de créer et de préserver un patrimoine culturel essentiel.
Herat, considérée comme un centre majeur de l’art islamique, abrite encore aujourd’hui des ateliers où la calligraphie et les arts traditionnels sont transmis.
Dans la citadelle historique de la ville, appelée Qala Ikhtiaruddin, une exposition nommée « Khétin Zar » (l’or de l’argile) présente les œuvres de femmes artistes. Cette initiative montre comment, malgré les difficultés, ces créatrices transforment des matériaux simples en objets précieux.
Au centre de cette activité artistique, Nikita Darani travaille sur des pages du Coran soigneusement écrites à la main. Elle réalise également une traduction en pachto. Chaque jour, elle consacre plusieurs heures à ce travail minutieux qui demande patience, concentration et grande maîtrise de la calligraphie.
Elle explique avoir commencé cet art à l’âge de 15 ans, il y a environ dix ans. Son maître, un calligraphe renommé d’Herat, lui a transmis les bases de cette discipline. Grâce à cet apprentissage, elle a pu progresser jusqu’à entreprendre la transcription de textes religieux complets.
La calligraphie occupe une place importante dans l’histoire de Herat, ville qui possède une tradition artistique de plus de mille ans. Développé notamment à l’époque timouride, cet art reste aujourd’hui encore vivant grâce à des maîtres et des associations qui le préservent et le transmettent aux jeunes générations.
Le travail de Nikita Darani ne se limite pas à la création artistique. Il représente aussi une forme d’engagement social dans un contexte difficile pour les femmes en Afghanistan, où l’accès à l’éducation et à de nombreuses activités professionnelles est limité. Elle dirige un atelier où elle forme plus de vingt femmes à la calligraphie et à l’artisanat.
Certaines de ses élèves ont déjà atteint un niveau avancé et participent à des expositions internationales. L’artiste souhaite étendre cet enseignement à d’autres régions du pays afin de donner davantage d’opportunités aux jeunes filles.
Elle insiste sur le fait que son projet dépasse le cadre personnel. Pour elle, si les conditions nécessaires sont réunies, les femmes afghanes peuvent développer leurs talents et contribuer activement à la société.
Les œuvres exposées dans « Khétin Zar » sont parfois exportées vers plusieurs pays, notamment en Europe et aux États-Unis. Ces ventes ne sont pas seulement économiques, elles portent aussi un message : celui de la créativité et de la persévérance des femmes afghanes malgré les obstacles.
Ainsi, à travers la calligraphie du Coran et la formation de nouvelles artistes, Nikita Darani illustre la volonté de préserver la tradition tout en affirmant la place des femmes dans la création culturelle contemporaine en Afghanistan.
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