Selon Al Masirah, cet analyste explique que cette stratégie intervient après l’échec de Washington à atteindre ses objectifs militaires et politiques sur plusieurs théâtres de confrontation.
Dans un entretien accordé à la chaîne Al-Masirah, repris par Al-Masirah Net, Ridwan Qassem a déclaré que les États-Unis ne sont plus en mesure de poursuivre seuls une confrontation militaire.
Il a affirmé que l’incapacité de Washington à obtenir des résultats, que ce soit dans son affrontement avec la République islamique d’Iran ou dans d’autres dossiers régionaux, l’a conduit à privilégier le recours à des pays de la région pour mener des guerres par procuration.
Selon lui, les États-Unis ont déjà utilisé par le passé certains États du Golfe pour mettre en œuvre leur politique régionale. Il affirme que Washington exerce aujourd’hui des pressions sur l’Arabie saoudite, mêlant incitations et menaces, afin de l’amener à s’engager dans une confrontation contre le Yémen, la Résistance islamique en Irak, voire contre l’Iran.
Ridwan Qassem estime également que les États-Unis cherchent à attiser les tensions avant de se retirer de la confrontation directe, tout en continuant à présenter la sécurité des pays de la région comme dépendante de leur protection. Il rappelle que Donald Trump avait déjà évoqué la nécessité pour les alliés de Washington d'assumer le coût de cette protection, une approche que l’analyste juge aujourd’hui vouée à l’échec.
Il considère par ailleurs que les propositions américaines, notamment un éventuel accord sur le nucléaire civil avec l’Arabie saoudite, s’inscrivent dans cette stratégie. Selon lui, cet accord ne garantirait pas à Riyad une pleine souveraineté sur un réacteur nucléaire, mais resterait conditionné à une normalisation des relations avec Israël et placé sous une supervision américaine et israélienne.
Toujours selon Ridwan Qassem, l’Arabie saoudite aurait intensifié ses positions à l’égard du Yémen et formulé des accusations contre la Résistance islamique en Irak. Il souligne toutefois que cette dernière a rejeté ces accusations et affirmé qu’elles visaient à faire porter à l’Iran la responsabilité de tout événement survenant dans la région.
L’analyste estime que ce rejet révèle l’existence de tentatives destinées à créer une instabilité régionale et à favoriser une escalade militaire. Il accuse également Israël de chercher à entraîner la région vers une aggravation des tensions, notamment après que les États-Unis, selon lui, ont renoncé à poursuivre leur offensive contre l’Iran et privilégié un retour aux négociations.
Ridwan Qassem affirme que l’Arabie saoudite serait, en définitive, la principale perdante d’une telle évolution. Si une confrontation plus large venait à éclater, il estime que ni les États-Unis ni Israël ne seraient en mesure d’assurer sa protection.
À titre d’exemple, il évoque le retrait américain d’Afghanistan, affirmant que Washington y a abandonné ses alliés ainsi qu’un important arsenal militaire. Selon lui, cette expérience démontre que les partenaires régionaux des États-Unis ne peuvent compter durablement sur leur soutien.
Concernant le Yémen, il affirme que les années de guerre ont montré que ni l’Arabie saoudite, ni les États-Unis, ni leurs alliés n’ont réussi à imposer leur volonté au pays. Malgré une coalition réunissant de nombreux États, le conflit n’a pas permis d’atteindre les objectifs annoncés, tandis que le blocus et les pressions exercées contre le Yémen n’ont pas, selon lui, modifié la position des autorités yéménites.
Enfin, il estime que le récent communiqué des forces armées yéménites témoigne du niveau de préparation militaire du pays. Il conclut en appelant l’Arabie saoudite et les autres États du Golfe à tirer les leçons des événements passés, à lever le blocus imposé au Yémen et à abandonner les politiques américaines, qu’il considère comme responsables de la déstabilisation et de la destruction de la région.
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