Mali ( IQNA) - TOMBOUCTOU l'une des grandes cités historiques de l'Islam

11:32 - November 22, 2006
Code de l'info: 1509859
Le symposium international sur les particularités socio-culturelles de la cité mystérieuse de Tombouctou, organisé la semaine dernière, à a clôturé les activité de la célébration de cette ville comme capitale de la culture islamique.
L’ISESCO avait conçu une opération dans le but de faire connaître les monuments historiques et culturels des villes d'Alep, en République arabe syrienne, de Tombouctou et d'Ispahan en Iran. L'organisation entendait aussi par cette célébration mettre en valeur la riche contribution que ces villes ont apportée au rayonnement de l'islam à travers les âges, grâce à leurs savants, leurs intellectuels et créateurs et leurs institutions éducatives, scientifiques et culturels dans les domaines des sciences, des arts et des lettres.
De fait, l’Organisation islamique voulait raviver la mémoire de ces villes et sensibiliser les générations actuelles sur l’importance et à la richesse du patrimoine culturel islamique.
Organisé par les ministères de la Culture et celui de l'Éducation nationale, en collaboration avec l'Isesco, le rendez-vous de Tombouctou se voulait, avant tout, un espace d'échanges de données et d'expériences entre chercheurs et frères musulmans sur les particularités de la veille ville fondée par entre le 11è et le 12è siècle. À cette époque Tombouctou ou Toumboutou, ou encore Timbouctou pour certains historiens, était un carrefour de commerce et de civilisation qui a permis d'étendre l'islam. Mais la ville doit surtout sa rentrée dans légende à sa société multiethnique cimentée par la religion islamique et le savoir.
La ville était un marché stratégique d’or d’étoffes, de sel et de livres qui provenaient du Maghreb à travers Tegaza, Arawane, Birou et Walata. Certaines marchandises venaient aussi du sud via Djenné, la sœur jumelle de Tombouctou. C'est ainsi que la célèbre ville s'est aussitôt transformée en un carrefour de cultures issues des deux extrémités du Sahara auxquelles se sont greffées les multiples influences extérieures consécutives aux conquêtes hispano-marocaines notamment avec le Pacha Juder.

La cérémonie d’ouverture de la rencontre qui s'est déroulée dans la salle de conférence de l'Assemblée régionale avait été présidée par le gouverneur Mamadou Togola en présence d'une centaine de participants.
Le symposium qui a réuni autours des chercheurs maliens, d'éminents personnalités de la science et de la culture de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Tchad, des États-Unis, de la Russie, de France, du Sénégal, d'Afrique du Sud, a planché sur le rayonnement culturel de la ville de Tombouctou, la jurisprudence islamique (méthodes et impacts), le rôle des manuscrits dans le rapport culturel et linguistique entre Ghadamès (Libye) Tombouctou et Gao, la vie intellectuelle à Tombouctou à travers les âges, et Tombouctou et les voyageurs arabes.
Le chef de l'exécutif régional Mamadou Togola a remercié l'ensemble des partenaires techniques et financiers dont les contributions ont fait de cet événement un véritable succès. L'intensité des débats autour des exposés manifestait tout l’intérêt que les chercheurs accordent à la vie socioculturelle de la cité qui a abrité l'Université de Sankoré au cours du 16 è siècle.
Selon, Hamidou Magassa, président du conseil scientifique de la rencontre, les communications du symposium seront éditées sous forme d’ouvrage de référence sur l’histoire de Tombouctou, son patrimoine et ses relations avec le Maghreb et l’Afrique subsaharienne.
Dans un document dit "Appel de Tombouctou", les participants ont invité les pouvoirs publics à redonner à la ville sa véritable place dans le monde intellectuel. Ils ont plaidé pour la construction dans la ville d’emblèmes dédiés à la mémoire des célèbres voyageurs qui ont séjourné ou transité par la cité. Ils ont aussi demandé la multiplication des occasions susceptibles de favoriser les échanges inter-culturels à l’échelle internationale. Ils ont préconisé la sauvegarde et l'accessibilité des archives de la période coloniale et la constitutions de ceux de la période des indépendances.
En marge du symposium, les participants ont visité les sites touristiques de la ville pour, renouer avec l'histoire culturelle de la cité, admirer les critères qui ont prévalu à la sélection de Tombouctou pour représenter la zone Afrique. Les visiteurs ont eu également l’occasion d’apprécier les efforts entrepris par l'État et ses partenaires pour la restauration des monuments et sites touristiques.
Des remises de prix aux lauréats de concours de poésies et de récital du Coran ont mis fin à la cérémonie de clôture. À cette occasion, le gouverneur de la région Mamadou Togola s’est montré très favorable à la création d’une université arabe à Tombouctou, notamment dans les domaine des langues, des lettres, des arts et des sciences humaines.

Source : Journal, Essor
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