Le « Coran Za'farani », un trésor exceptionnel qui éclaire les origines de la traduction persane du Coran

2:25 - July 29, 2026
Code de l'info: 3496231
IQNA-La Bibliothèque nationale d'Iran a accueilli, le 28 juillet, la cérémonie de présentation officielle du « Coran Za'farani », considéré comme le plus ancien exemplaire complet daté du Coran traduit en persan.

Le « Coran Za'farani », un trésor exceptionnel qui éclaire les origines de la traduction persane du CoranCet événement scientifique a réuni d'éminents spécialistes de la langue, de l'histoire et des études coraniques qui ont souligné l'importance de ce manuscrit pour la compréhension des premières traductions du Coran, de l'évolution de la langue persane et du lien profond qui unit depuis plus d'un millénaire la culture iranienne au Livre sacré de l'islam. Les échanges ont également permis de corriger plusieurs idées reçues sur l'histoire des traductions persanes et sur le rôle des copistes et des exégètes dans la transmission du texte coranique.

Le Coran Za'farani, témoin des premières traductions persanes

L'un des principaux intervenants, le chercheur Seyed Mohammad Emadi Haeri, a rappelé que la première traduction complète du Coran en persan remonte à la seconde moitié du IVe siècle de l'Hégire, dans le cadre de la traduction du célèbre Tafsîr al-Tabari. Selon lui, cette traduction, réalisée avec l'approbation des savants de Transoxiane et le soutien des souverains samanides, est devenue la première traduction de référence pour les populations persanophones.

À cette occasion, il a expliqué que le Coran Za'farani ne constitue pas une nouvelle traduction indépendante. Le texte est en réalité extrait du commentaire coranique du grand exégète Abou Bakr Atiq Neyshabouri, plus connu sous le nom de Sourabadi. Le rôle de Za'farani aurait donc été celui d'un copiste ayant reproduit ce texte sous la forme d'un Coran complet, plutôt que celui d'un traducteur.

Les chercheurs ont également rejeté certaines théories anciennes qui attribuaient à d'autres manuscrits, comme le « Coran de Qods », une antériorité sur la traduction de Tabari. Les études récentes montrent au contraire que plusieurs de ces manuscrits sont des adaptations dialectales issues de cette même tradition de traduction.

Le « Coran Za'farani », un trésor exceptionnel qui éclaire les origines de la traduction persane du Coran

Un patrimoine linguistique d'une valeur inestimable

Le linguiste Ali Ashraf Sadeghi, membre de l'Académie de la langue et de la littérature persanes, a insisté sur la richesse linguistique du manuscrit. Selon lui, les anciennes traductions du Coran constituent un témoignage exceptionnel des dialectes persans aujourd'hui disparus.

En étudiant le vocabulaire du Coran Za'farani, les spécialistes ont constaté que le texte présente de nombreuses caractéristiques propres au Khorassan et à Neyshabour, ce qui laisse penser que le copiste entretenait des liens étroits avec cette région, même s'il a également exercé son activité à Rey.

Les différences observées entre les diverses traductions anciennes ne seraient pas dues à des erreurs, mais à une volonté d'adapter le texte au langage des populations locales. Les copistes modifiaient parfois certains mots afin que les lecteurs de chaque région puissent mieux comprendre le message coranique.

Ali Ashraf Sadeghi a également rappelé qu'aucune traduction ne peut restituer parfaitement le sens d'un texte sacré. Selon lui, toute traduction représente un effort d'interprétation qui permet de transmettre l'essentiel du message, sans jamais pouvoir reproduire totalement toutes les nuances de l'original arabe.

Les intervenants ont enfin insisté sur la nécessité de préserver la qualité de la langue persane contemporaine, tout en restant fidèles aux formes classiques qui ont façonné la littérature religieuse au fil des siècles.

Le Coran et la langue persane, deux héritages intimement liés

L'ancien ministre iranien de la Culture, Ahmad Masjedjamei, a replacé le Coran Za'farani dans une perspective historique plus large. Selon lui, l'apparition des grandes traductions persanes du Coran au IVe siècle de l'Hégire n'est pas un phénomène isolé, mais le résultat d'un profond mouvement culturel ayant permis aux Iraniens d'exprimer leur foi dans leur propre langue.

Il a rappelé que, durant plusieurs siècles, la transmission du Coran s'effectuait principalement en arabe, avant qu'une véritable dynamique de traduction ne voie le jour. Cette évolution a permis à la population de mieux comprendre le texte sacré tout en contribuant à l'enrichissement de la langue persane.

Pour Ahmad Masjedjamei, ces traductions témoignent de la volonté des Iraniens de concilier leur identité culturelle avec leur attachement à l'islam. Elles illustrent également le rôle majeur joué par la langue persane dans la diffusion du savoir religieux, au même titre que d'autres grandes œuvres de la littérature iranienne.

Les spécialistes présents ont enfin rappelé que le persan est aujourd'hui l'une des langues dans lesquelles le Coran a été le plus abondamment traduit. Les dizaines de traductions anciennes et contemporaines conservées constituent un patrimoine exceptionnel qui continue d'alimenter les recherches historiques, linguistiques et théologiques.

La cérémonie s'est achevée par le dévoilement officiel du Coran Za'farani, désormais reconnu comme un document majeur pour l'étude des premières traductions persanes du Coran et comme un précieux témoignage de l'histoire culturelle et intellectuelle de l'Iran.

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