A l’heure de la prière, à Cologne-Ehrenfeld, l’appel du muezzin retentit dans les bâtiments, le café et les commerces du centre de la communauté musulmane de la Ditib (Union turque islamique, liée à l’État turc).
Les fidèles se rassemblent pour prier dans la mosquée : un bâtiment long et plat, dont la vétusté est masquée par les tapis, les lumières allumées et quelques colonnes blanches.
« Nous avons acheté cette usine pharmaceutique désaffectée en 1985, explique Ismail Altintas, responsable du dialogue interreligieux pour la Ditib. A l’époque, les travailleurs turcs arrivaient en Allemagne. Aujourd’hui, 12 % des habitants de Cologne (soit 120 000 personnes environ) sont de religion musulmane. Nous avons besoin d’une nouvelle mosquée. »
Les bâtiments, dominés par la tour de télévision voisine, haute de 243 mètres, et par un immeuble de 100 mètres de haut, vont être rasés.
Commencera alors la construction de la nouvelle mosquée, avec deux minarets de 55 mètres.
Le projet a été dessiné par Paul Böhm, un architecte local. Les parois arrondies de la coupole de verre esquissent sur les baies vitrées des mains qui se rejoignent.
« Le symbole du dialogue », assure Ismail Altintas.
Selon un sondage publié l’été dernier par le quotidien Kölner Stadt Anzeiger, 70 % des habitants de Cologne sont pour la construction d’une mosquée.
Fritz Schramma, maire démocrate-chrétien de Cologne, soutient depuis l’origine le projet de la Ditib, à condition que la mosquée soit ouverte à tous, croyants mais aussi simples visiteurs, et que les prédications soient traduites en allemand ; les minarets ne devront pas être utilisés par le muezzin, et l’appel à la prière sera diffusé dans les seuls bâtiments de la communauté.
Enfin, la Ditib devra promouvoir la politique d’intégration et ses cours devront être mixtes. Autant de conditions qui, pour Ismail Altintas, « vont de soi ».
Source : IINA