Et pourtant, ce consensus international est moins dicté par l’optimisme que par la peur. La peur de voir une nouvelle fois le Proche Orient s’enfoncer inexorablement dans la crise, et les Palestiniens poussés par le désespoir dans les bras des mouvements les plus extrémistes.
Il y a trois semaines, à Annapolis, aux Etats-Unis, Palestiniens et Israéliens se sont engagés à négocier les modalités de la naissance d'un Etat palestinien avant la fin de 2008. Mais pour cela, il faut des interlocuteurs capables de mettre en œuvre les décisions prises. C’est valable du côté israélien, qui doit se montrer capable d’évacuer les colonies juives de Cisjordanie et de lever les centaines de barrages militaires qui empêchent un Etat viable.
Et c’est vrai du côté palestinien, malgré les sommes considérables annoncées hier. L’argent de la Communauté internationale a pour but de renforcer la stature d’une Autorité palestinienne largement discréditée chez elle. Et celle-ci devra faire la preuve de sa capacité à agir plus efficacement qu’autrefois. Mais cela ne suffira pas à changer la donne dans la bande de Gaza, dont le million et demi d’habitants s’enfonce dans la misère et dans l’enfermement sous l’effet du blocus israélien - et d’une guerre qui menace d’éclater à chaque instant.
C’est un cercle vicieux: pas de développement sans paix, et pas de paix sans accord politique. Les milliards de la Conférence de Paris peuvent aider, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir une issue positive à ce sauvetage de la dernière chance.
Reportage de Pierre Haski
Source : Rue89