Palestine: l'argent ne suffit pas à faire la paix

14:05 - December 18, 2007
Code de l'info: 1613078
Palestine (IQNA) - En d’autres temps, on aurait pu considérer le résultat de la ‎Conférence de Paris sur la Palestine comme une excellente nouvelle. La ‎communauté internationale s’engagerait donc avec des actes pour permettre la ‎naissance de cet Etat palestinien dont on prononce déjà le nom avant même qu’il ‎voie le jour.‎
Et pourtant, ce consensus international est moins dicté par l’optimisme que par la ‎peur. La peur de voir une nouvelle fois le Proche Orient s’enfoncer ‎inexorablement dans la crise, et les Palestiniens poussés par le désespoir dans ‎les bras des mouvements les plus extrémistes. ‎
Il y a trois semaines, à Annapolis, aux Etats-Unis, Palestiniens et Israéliens se ‎sont engagés à négocier les modalités de la naissance d'un Etat palestinien ‎avant la fin de 2008. Mais pour cela, il faut des interlocuteurs capables de mettre ‎en œuvre les décisions prises. C’est valable du côté israélien, qui doit se montrer ‎capable d’évacuer les colonies juives de Cisjordanie et de lever les centaines de ‎barrages militaires qui empêchent un Etat viable.‎
Et c’est vrai du côté palestinien, malgré les sommes considérables annoncées ‎hier. L’argent de la Communauté internationale a pour but de renforcer la stature ‎d’une Autorité palestinienne largement discréditée chez elle. Et celle-ci devra ‎faire la preuve de sa capacité à agir plus efficacement qu’autrefois. Mais cela ne ‎suffira pas à changer la donne dans la bande de Gaza, dont le million et demi ‎d’habitants s’enfonce dans la misère et dans l’enfermement sous l’effet du blocus ‎israélien - et d’une guerre qui menace d’éclater à chaque instant.‎
C’est un cercle vicieux: pas de développement sans paix, et pas de paix sans ‎accord politique. Les milliards de la Conférence de Paris peuvent aider, mais ils ‎ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir une issue positive à ce sauvetage de la ‎dernière chance.‎
Reportage de Pierre Haski
Source : Rue89‎

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