Le Conseil supérieur de l'éducation turc(YÖK) a décidé mardi de permettre l'accès, longtemps refusé par les autorités pro-laïques, aux lycéens de ces établissements publics, qui forment des imams, à l'enseignement supérieur.
Le YÖK, une institution autrefois bastion du laïcisme, empêchait depuis des années, par un complexe jeu de coefficients, ces lycéens et lycéennes d'accéder aux universités, excepté les facultés de théologie.
"Le YÖK a mis fin à une injustice visant le droit à l'éducation", s'est félicité M. Erdogan devant la presse.
M. Erdogan, dont le Parti de la justice et du développement(AKP, issu de la mouvance islamiste) est au pouvoir depuis 2002, a indiqué qu'il ne s'agissait pas d'une décision politique, comme l'affirment les milieux pro-laïcs.
Le YÖK, une institution de tutelle fondée par les militaires après le coup d'Etat de 1980 et qui était parti en guerre contre le parti d'Erdogan, a été réformé de fond en comble par l'AKP et la plupart de ses membres, des recteurs d'universités, ont été nommés par le président Abdullah Gül, ancien cadre de l'AKP. Les membres défendant un respect strict de la laïcité y sont aujourd'hui minoritaires.
L'AKP avait fait adopter l'an dernier un amendement constitutionnel pour autoriser le port du foulard islamique dans les universités mais celui-ci a été annulé par la Cour constitutionnelle, qui a failli ensuite interdire le parti pour "activités anti-laïques".
Le port du voile islamique est strictement interdit dans la fonction publique et les universités en Turquie, pays musulman au régime laïque, et est perçu par les milieux pro-laïques comme un signe ostensible de soutien à l'islam politique.
Source: AFP