L'UE veut contrer le terrorisme avec l'aide des pays musulmans

9:58 - January 20, 2015
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Bruxelles(IQNA)-Les diplomates n'ont jamais la tâche facile quand des violences incontrôlables hors d'Europe finissent par faire couler le sang à l'intérieur des frontières. Dix jours après les attaques meurtrières à Paris, les 28 ministres des Affaires étrangères s'en sont remis lundi à une improbable «coopération» avec les pays musulmans pour traiter le mal là où il prend racine.

À la différence de leurs collègues de l'intérieur, Laurent Fabius et ses pairs de l'UE n'ont pas d'arsenal sur mesure pour contrer la menace et rassurer les opinions publiques. Lundi, l'Europe a pourtant fait le pari d'enrôler des régimes souvent instables et parfois peu recommandables dans la lutte. La Turquie, l'Égypte, le Yémen, l'Algérie et les pays du Golfe sont déjà sur la liste.
«Les attaques terroristes ciblent surtout les musulmans dans le monde, dit la chef diplomate Federica Mogherini, il nous faut donc une alliance, un dialogue pour faire face ensemble.» Nabil al-Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe présent à Bruxelles, s'est dit prêt à participer à cette campagne «intellectuelle, culturelle, médiatique et religieuse».
Fixer l'arsenal répressif
Quelle alliance? Avec quels moyens? Tandis que les manifestations au cri de «mort à la France!» se multiplient de Grozny à Niamey en passant par Gaza et Téhéran, le premier rendez-vous européen des ministres des Affaires étrangères depuis la tuerie de Charlie Hebdoa eu du mal à fournir une réponse convaincante. Le ministre français a quitté Bruxelles sans un mot. L'Allemand Frank-Walter Steinmeier a esquivé le sujet. Le Britannique Philip Hammond a promis de faire «tout le nécessaire afin de tenir l'Europe à l'abri».
Sur le fond, Laurent Fabius a confirmé à des collègues déjà persuadés que la France n'entend pas faiblir dans son action militaire contre les foyers de l'extrémisme islamique, que soit au Mali hier ou en Irak aujourd'hui. «Notre politique consiste à éradiquer le terrorisme, elle n'est pas la cause du mal», a-t-il dit en substance.
Concrètement, les Vingt-huit se sont entendus sur deux avancées limitées. D'abord l'installation d'un expert de lutte antiterroriste dans une douzaine d'ambassades de l'UE à travers des pays «sensibles» comme au Maghreb. Ensuite, le prochain lancement d'une offensive en langue arabe sur Internet, dans l'espoir de contrer la propagande des radicaux.
C'est aux ministres de l'Intérieur le 29 janvier, puis aux chefs d'État le 12 février qu'il reviendra de préciser la réponse à la menace et de fixer l'arsenal répressif. Les outils sont déjà sur la table: échanges d'information systématiques entre polices et services de renseignement, contrôles méthodiques aux frontières de l'Europe de Schengen, lutte accrue contre le trafic d'armes de guerre, répression des filières de recrutement et des circuits de blanchiment et, pour finir, contrôle resserré des contenus sur Internet. Il s'agit de pousser les feux de la coopération à vingt-huit, pas d'installer un nouvel étage de pouvoir à Bruxelles.
lefigaro

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