12:27 - June 27, 2020
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Téhéran(IQNA)-La loi César adoptée par le Congrès américain et mise en application le 17 juin 2020, cible une fois de plus les gens ordinaires. 

Les analystes estiment que les législateurs américains ont l'intention d'imposer des sanctions juridiques et économiques décisives et sans précédent, à toutes les agences gouvernementales et aux personnalités liées au gouvernement syrien, cependant, les experts estiment que les chances de succès de ces sanctions sont très faibles. 
 
La loi César doit son nom à un ancien photographe de la police militaire syrienne qui a fait défection en 2013, affirmant avoir pris 55 000 photographies de violations des droits de l'homme dans les prisons syriennes.
 
Selon cette loi, les activités économiques se développeront dans des zones échappant au contrôle du gouvernement syrien pour encourager les entreprises à investir et à coopérer dans ces domaines, et d'un autre côté, de nombreuses restrictions économiques seront imposées aux zones contrôlées par le gouvernement syrien. De cette façon, les États-Unis entendent forcer le peuple syrien à protester contre le gouvernement syrien. 
 
Le dernier ambassadeur de Syrie en Turquie, Nazal Qabalan, a écrit dans une note publiée sur le site Insideover sur les sanctions et leurs objectifs, que la mise en œuvre du premier paquet de sanctions contre la Syrie par les États-Unis, intensifiera les tensions en Syrie, chez ses alliés et dans une grande partie du Moyen-Orient.
تحریم‌هایی که به هدف نمی‌رسند
L’ensemble des sanctions annoncées par le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, ciblent principalement le président syrien Bachar al-Assad, son épouse, Asma al-Assad, le frère de Bachar et peut-être, le général et commandant le plus puissant de l'armée syrienne. Mais le but ultime des nouvelles sanctions américaines dépasse les 29 politiciens, hommes d'affaires et personnalités de la liste, et concerne aussi les alliés de la Syrie.
 
Trump et ses collègues extrémistes à Washington, veulent réaliser ce qu'ils n'ont pas réussi à réaliser en 10 ans de conflit armé en Syrie, c'est-à-dire toucher tous les axes du Liban et de la Syrie vers l'Iran, à travers une série de punitions sévères qui frappent plus les citoyens ordinaires que les gouvernements eux-mêmes.
تحریم‌هایی که به هدف نمی‌رسند
Le fait que cette nouvelle décision de Trump soit intervenue quelques mois seulement avant l'élection présidentielle de novembre, six mois avant l'élection présidentielle syrienne, est un fait remarquable. De nombreux analystes et observateurs estiment que la loi César n'est rien de plus qu'un nouveau front pour la poursuite de la guerre et du conflit d'intérêts dans cette partie vitale du monde. 
 
Seyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, à la veille de la mise en œuvre de la loi César, dans un discours télévisé de 90 minutes, a présenté tous les aspects de la situation économique, de l'escalade des difficultés et des souffrances au Liban, et des derniers jours d'émeutes et de protestations généralisées contre le gouvernement, la corruption et l'augmentation du coût de la vie. Nasrallah a appelé le peuple libanais à s'abstenir de toute violence, action armée et sabotage, et de lutter contre ceux qui ont l'intention de déclencher une nouvelle guerre civile destructrice dans le pays.
 
Le peuple et le gouvernement syriens se préparent à des moments difficiles. Il est clair que l'économie du pays a été frappée par plus de neuf ans de conflits et de sanctions. La semaine dernière, au milieu des troubles populaires suite à la forte hausse des prix et à la dévaluation rapide et dramatique de la livre syrienne par rapport au dollar,  la monnaie syrienne ayant chuté de près de 500% au cours des derniers mois,  Bachar al-Assad a limogé son Premier ministre, Emad Khamis.
 
Mais les Syriens sont déterminés à vaincre leurs ennemis qui n'ont pas réussi à s'imposer au cours des neuf années de guerre, et sont maintenant au premier plan avec de nouvelles sanctions. La Syrie sait que cette situation continuera probablement pendant un certain temps, mais de nombreux Syriens, censés et rationnels, sont optimistes quant à la résolution de cette situation, étant donné la crise similaire qu'ils ont connue dans les années 80.
 
Les principaux alliés de la Syrie, l'Iran et la Russie ont clairement indiqué qu'ils ne suivraient pas les sanctions américaines. Moscou a réitéré sa décision de continuer à coopérer avec la Syrie, y compris avec l'armée syrienne, et déclaré qu'ils n’abandonneront pas leur ami dans les moments difficiles. L'Iran, allié stable de la Syrie, a réaffirmé son engagement à répondre à ses besoins, notamment en carburant, en médicaments et en produits de base.
 
Le Dr Rodger Chanahan, ancien soldat australien titulaire d'une maîtrise en relations internationales et d'un doctorat en études arabes et islamiques de l'Université de Sydney, estime que les sanctions échoueront finalement. Dans une note publiée sur le site Web du Low institute, il a déclaré : « La loi César oblige le secrétaire d'État à déterminer si la banque centrale syrienne est le principal coupable du blanchiment d'argent, ainsi que ceux qui soutiennent le gouvernement syrien ou ceux qui ont des accords avec le gouvernement. L'objectif de la loi César est d'augmenter les risques des liens économiques entre les alliés de Damas ou toute autre personne qui envisage de faire des affaires avec la Syrie. Mais on ne sait pas exactement comment les sanctions fonctionneront ni les pays qui seront soumis à des sanctions secondaires. Damas se débrouille bien pour contourner les sanctions. Même avec l'effondrement de la monnaie nationale syrienne et les petites réserves de devises du pays, le gouvernement syrien peut toujours importer de la nourriture et des marchandises. Le gouvernement syrien est toujours déterminé à rester au pouvoir, et ses alliés ne montrent aucun signe de fatigue. Tout le monde sait que dans les cinq prochains mois (l'élection présidentielle américaine), il est possible que la politique américaine change et le temps sera trop court pour que la loi César puisse appliquer des pressions pour un changement de régime. Ces sanctions comme de nombreuses sanctions similaires auparavant, rendront la vie plus difficile mais ne conviendront nullement à la réalisation d'objectifs politiques ».
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