11:47 - August 03, 2020
Code de l'info: 3473697
Téhéran(IQNA)-Pendant la guerre de Bosnie, lorsque la ville de Srebrenica est tombée, un groupe de musulmans s'est sauvé dans les montagnes sur un chemin qui est devenu plus tard « la route de la mort », pour rejoindre Tuzla, une ville située à 100 km de Srebrenica.
Maryam Rezayan, chercheuse et maître d'archéologie de l'Université de Téhéran, qui a vécu en Bosnie pendant de nombreuses années et a mené des études approfondies sur l'histoire de ce pays, s'est entretenue avec l'Agence internationale de presse coranique (IQNA), et a déclaré : « La Bosnie-Herzégovine est un petit pays du sud-ouest de l'Europe avec une population de près de quatre millions d'habitants. 
 
Ce pays est au carrefour de l'islam, du christianisme orthodoxe et du catholicisme, et entretient des liens économiques et culturels profonds avec les Européens, et des relations culturelles historiques avec l'Orient et le monde islamique. Le peuple bosniaque est particulièrement intéressé par les Iraniens en raison de l’aide humanitaire qu’ils lui ont apportée en période difficile. 
شنبه/روایتی از «جاده مرگ» بوسنی و داغی که بر دل مسلمانان ماند
Pendant la guerre de Bosnie qui a duré environ quatre ans, plusieurs villes ont été victimes d'un génocide mais Srebrenica a été la plus touchée avec 8732 personnes tuées en quelques jours, selon les chiffres officiels de la Cour internationale de Justice de La Haye. Des milliers de Bosniaques ont été tués dans et autour de Srebrenica, parce qu'ils étaient musulmans et avaient des noms islamiques. 
 
Ce crime a eu lieu alors que le Conseil de sécurité de l'ONU, dans la résolution 819, avait déclaré Srebrenica « zone de sécurité » et que les casques bleus néerlandais étaient chargés d’assurer la sécurité de la ville. La plus grande leçon de Srebrenica au monde, est qu’on ne peut pas faire confiance aux organisations internationales. Il a fallu près de 10 ans au peuple de Bosnie-Herzégovine pour se remettre du choc de ce crime incroyable. 
شنبه/روایتی از «جاده مرگ» بوسنی و داغی که بر دل مسلمانان ماند
Chaque année, une marche pour la paix à laquelle participent des milliers de personnes en mémoire des victimes de Srebrenica, est organisée en souvenir des victimes de juillet 1995. Cette fois, les gens vont à Srebrenica, et chaque année, de plus en plus de gens prennent « le chemin de la mort » pour se rendre dans cette ville. 
 
Des volontaires de diverses nationalités et religions parcourent près de 110 kilomètres en souvenir des personnes qui ont lutté contre la faim et la soif dans la forêt. Sadegh Salimovich est l'un des écrivains et journalistes les plus célèbres de Srebrenica et il est l'auteur de centaines d'articles et de deux livres sur Srebrenica, dont le plus important et le plus connu est « La route de la mort » qui relate cet évènement et qui a été traduit dans de nombreuses langues dans le monde entier.
شنبه/روایتی از «جاده مرگ» بوسنی و داغی که بر دل مسلمانان ماند
 L’auteur de ce livre est un de ceux qui ont survécu au génocide de Srebrenica et ont pu se sauver. « La route de la mort » est le récit de l'expérience directe de l'auteur et une collection minutieuse de souvenirs de témoins présents à Srebrenica au moment de la catastrophe. Salimovich a passé deux ans à écrire ce travail et s'est parfois rendu sur les lieux, afin de mieux observer et écrire la vérité. 
 
Ce livre est plus qu'une histoire, c'est un prélude pour apprendre davantage sur ce qui est arrivé au peuple opprimé de Bosnie-Herzégovine, et en particulier sur le génocide de Srebrenica. L'histoire commence lorsque sept citoyens de Srebrenica partent pour Tuzla dans l'espoir de survivre, après la chute de la ville. Au fur et à mesure que l'histoire progresse, le lecteur apprend davantage sur l'environnement, l'histoire et les circonstances de la Bosnie. Par exemple, les souvenirs d'un membre du groupe du siège de Srebrenica, montrent que les Occidentaux, sachant que les habitants de Srebrenica étaient musulmans, avaient mis du porc en conserve dans des colis largués par les avions de l'OTAN sur la ville. Après la guerre, les groupes ethniques se sentent plus attachés à une certaine ethnie qu'à leur nationalité bosniaque. D'un autre côté, l'ampleur des crimes commis pendant la guerre, était si grande que leur souvenir ne disparaît pas facilement de l'esprit des habitants de ce pays. 
شنبه/روایتی از «جاده مرگ» بوسنی و داغی که بر دل مسلمانان ماند
Ces sentiments peuvent diminuer au fil des générations, mais dans la situation actuelle, il y a encore des dommages psychologiques causés par le génocide des musulmans en Bosnie. Les Bosniaques s'intéressent beaucoup à l’Orient et en particulier à l'Iran. Historiquement, la place de la langue et de la littérature persanes en Bosnie est très importante, la chaire de langue et de littérature persanes à l'Université de Sarajevo et la tenue de conférence sur Hafez  et Molavi, sont là pour le montrer. 
 
Politiquement, le peuple bosniaque a une attitude positive à l'égard de la révolution islamique et de l'Imam Khomeiny, et est très reconnaissant envers l’Iran pour l’aide humanitaire qu’il a apporté pendant la guerre. Au cours de son mandat présidentiel, le Guide suprême a effectué une visite officielle en ex-Yougoslavie en mars 1988, au cours de laquelle il a effectué une visite d'une journée à Sarajevo qui était à l'époque le centre des musulmans yougoslaves. Au cours de ce voyage, il a conseillé au regretté Dr Bashir Jaka, qui était son traducteur pendant ce voyage et professeur à l'Université de Sarajevo, de traduire le magnifique ouvrage de Hafez en bosniaque, qui est maintenant une œuvre très appréciée par les musulmans de ce pays ».
Prénom:
Email:
* Commentaire:
* captcha: