11:23 - December 02, 2020
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Téhéran(IQNA)-Selon un sondage de Gallup en 2016, plus de 80% des Américains se sont déclarés « religieux ». Cependant le système politique américain est fondé sur la séparation complète de la religion et de la politique.  

Selon un sondage du Pew Research Center de 2019, 88% des membres du Congrès s'identifiaient comme chrétiens. Selon ce sondage, 51% des électeurs américains estiment que le président élu devrait avoir « de fortes convictions religieuses ». De plus, un tiers des Américains estiment que les politiques gouvernementales devaient respecter et non contredire les valeurs religieuses.
 
Navid Rasouli, expert des questions culturelles italiennes à l'Organisation de la culture et des relations islamiques, a analysé dans un article pour l’Agence iranienne de presse coranique, les relations du Vatican avec Donald Trump et Joe Biden, et le rôle de la religion dans l'élection présidentielle américaine où les catholiques représentaient le plus grand groupe d'électeurs américains.
 
« Il y a quatre ans, selon le Pew Research Center, 52% des catholiques ont voté pour Donald Trump et 44% pour Hillary Clinton, et ont joué un rôle dans la victoire de Trump. Pour savoir dans quelle mesure le catholicisme de Biden et la position du pape François contre Trump et ses avertissements contre le populisme et le nationalisme ont influencé le résultat des élections américaines, il faut d'abord se référer aux relations entre les États-Unis et le Vatican, sous Trump.
انتخابات آمریکا و مثلث ترامپ، بایدن، واتیکان/ وقتی دینداری پر رنگ می‌شود
Les premières tensions entre le Vatican et Trump, se sont produites en 2016, lorsque Trump a annoncé son projet de construire un mur à la frontière mexicaine (pays à majorité catholique), comme slogan de sa campagne. Le pape François avait alors déclaré : « Un homme qui pense construire un mur au lieu de construire un pont n'est pas un chrétien ». En réponse au Pape le même jour, Trump avait déclaré : « Je suis fier d'être chrétien et personne, en particulier un chef religieux, ne devrait remettre en question la foi d'autrui ». Donald Trump appartient à une petite Eglise protestante des presbytériens, qui appartient à la « Reformed Church in America », l’Église réformée en Amérique, fondée en 1628.
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Les désaccords entre le Vatican et l'administration Trump se sont intensifiés au cours de sa présidence, en particulier avec la politique anti-immigration de Trump et son retrait des traités climatiques alors qu’en 2015, le pape avait écrit une lettre aux évêques, en faveur de l'environnement. Bien sûr, Trump a tenté de se rapprocher du Vatican en 2017, lors de sa rencontre avec le pape François, mais il n'a pas réussi. Dans un geste symbolique lors de la réunion, le pape lui a présenté une copie de sa lettre sur la nécessité de protéger l'environnement, pour protester contre le retrait de Trump de l'accord de Paris sur le climat. Un article paru dans « La Civiltà Cattolica », considérée comme une revue semi-officielle du Saint-Siège, a qualifié la politique de Trump de « fondamentalisme évangélique » qui cherche à répandre la guerre et les conflits en interprétant la Bible de façon erronée. L'article a été publié le lendemain de la réunion de Trump avec un groupe d’extrémistes américains, dans le bureau ovale de la Maison Blanche, pour soutenir le sionisme. La couverture médiatique de la prière lors de la réunion, reflétait bien la pensée apocalyptique de Trump. 
 
La signature d'un accord de coopération entre la Chine et le Vatican, a également aggravé les divergences. Malgré l'opposition américaine, le Vatican a signé un accord de coopération avec Pékin en 2018, dans lequel il s'est engagé à présenter et à nommer les évêques de l'Église catholique chinoise. Le pape François avait alors exprimé l'espoir que cet accord guérirait les blessures du passé et serait un facteur d'unification des catholiques chinois. 
 
Le 30 septembre 2020, le Vatican a rejeté la demande du secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, de rencontrer le pape François. Le leader catholique du monde avait déclaré qu'il n'était pas disposé à rencontrer le ministre américain des Affaires étrangères qui se trouvait en Italie, en raison de la campagne électorale aux États-Unis. 
 
Mike Pompeo a appelé le pape à se joindre aux Etats-Unis pour condamner les "violations de la liberté religieuse" en Chine, lors d'une conférence sur la liberté religieuse organisée par l'ambassade américaine au Vatican, où il a aussi critiqué le Vatican pour sa proximité avec Pékin, déclarant que cet accord remettait en question l'autorité morale de l'Église catholique.
 
Joe Biden est catholique et il y a également de nombreuses personnalités catholiques parmi les opposants à Trump, y compris la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, fervente critique des politiques extrémistes de Trump. Le candidat démocrate Joe Biden fut le seul politicien catholique américain à se présenter à la vice-présidence sous la présidence de Barack Obama. Il est également le quatrième candidat catholique dans l'histoire des élections américaines, membres du Parti démocrate. Le premier était Al Smith, gouverneur de New York, qui s'est présenté en 1928, le second était John F. Kennedy qui en 1960, est devenu président mais a été assassiné en 1963, et le troisième était l'ancien secrétaire d'État, John Kerry, qui s'est présenté à la présidence en 2004. 
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Après John F.Kennedy, Joe Biden est le deuxième président catholique et démocrate de l'histoire américaine à entrer à la Maison Blanche, mais contrairement à Kennedy, qui n'a pas insisté pour souligner son catholicisme, Biden a abordé la question à dessein dans son premier discours. Avant les élections, Biden a sollicité le soutien de la communauté catholique. Cette approche, sans précédent dans la campagne du Parti démocrate, a mis en évidence le rôle croissant de la religion dans le comportement de campagne du parti. L'insistance de la campagne de Biden à le présenter comme un homme pieux qui a supporté la mort de sa femme et de ses deux enfants, a montré le rôle de la religion dans la campagne démocrate. Biden a également rencontré le pape François et parlait constamment des religieuses qui avaient influencé sa vie.  « La priorité inconditionnelle que le pape accorde à la vertu humaine se reflète dans la politique des démocrates de centre-gauche », a déclaré Mme Caroline, proche associée de Joe Biden, cheffe de la campagne « Catholiques pour Biden », à l'Associated Press.  Le fait que les catholiques américains qui représentent plus de 23% de la population, sont plus susceptibles de suivre le pape dans les moments difficiles que le gouvernement américain, a joué un rôle dans la présidence américaine de 2020. L’avis du pape François sur les performances de Trump, et le catholicisme de Biden semblent avoir joué un rôle important dans les élections présidentielles américaines et la victoire de Biden », a-t-il expliqué.
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