11:18 - December 15, 2020
Code de l'info: 3475124
Téhéran(IQNA)-Vu les relations de longue date du Maroc avec le régime sioniste, au moins depuis 1999, il était normal que le pays entre dans un processus de normalisation de ses relations avec le régime israélien, mais les observateurs internationaux estiment que ce triste accord pourrait aller à l'encontre de ses objectifs et déclencher de nouvelles guerres et tensions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Après que Donald Trump a annoncé sur Twitter, le jeudi 11 décembre 2020, que les relations entre le Maroc et le régime sioniste s'étaient normalisées, de nombreux pays islamiques, groupes de résistance et partisans palestiniens, ont critiqué cette décision et ont qualifié cet accord de « honteux » et de « trahison de la cause palestinienne ».
 
Des pays comme le Qatar, Oman et l'Arabie saoudite seraient aussi sur le point de normaliser leurs relations avec Tel Aviv, pour des raisons politiques ou économiques et en échange de cet accord, le Maroc a demandé au gouvernement américain de reconnaître la souveraineté du Maroc sur la région du Sahara occidental qu’il contrôle depuis 1970, malgré l’opposition du front Polisario.
 
Jared Kouchner, conseiller du président américain, a déclaré que le Maroc était prêt à établir des relations diplomatiques complètes avec le régime sioniste et à reprendre les vols entre les deux parties, ainsi que les vols de Dubaï à Tel Aviv. Israël rouvrira ses bureaux de liaison à Rabat, capitale du Maroc, et le Maroc fera de même à Tel Aviv.
 
En 1975, une guerre avait éclaté entre les séparatistes du Front Polisario au Sahara Occidental, et le Maroc, poussant le gouvernement marocain à solliciter l'assistance secrète des services de renseignement israéliens. 
 
Après la Seconde Guerre mondiale et après que le régime sioniste eut déclaré son existence, le Maroc entra officiellement en guerre avec le régime sioniste, comme d'autres États arabes et islamiques. L'émigration des Juifs du Maroc s'est intensifiée après 1948 et la montée des sentiments antisémites au Maroc, et de nombreux Juifs marocains ont quitté le pays.
 
Cependant, sous le règne de Hassan II au Maroc, des rumeurs coururent selon lesquelles le gouvernement marocain aurait des liens avec les autorités sionistes. Le Times of Israël a rapporté en 2016, que Hassan II avait invité des agents du Mossad et du Shin Bet (service de sécurité intérieure israélien) à une conférence de la Ligue arabe en 1965, à Casablanca, qui a joué un rôle clé dans les lourdes défaites militaires de l’Égypte, de la Jordanie et de la Syrie, et pendant la guerre des Six jours (1967) contre le régime sioniste.
 
Auparavant, le roi Hassan II avait été en contact avec des membres du Mossad qui l'avaient aidé à mener une opération à Paris, pour kidnapper et éliminer Mehdi bin Barakeh (homme politique de gauche marocain), opposant au gouvernement marocain. En 2014, l'armée israélienne a annoncé que le Mossad avait accompagné le roi marocain dans une opération de ses services secrets. 
 
Le déclenchement de la guerre du Sahara occidental en 1975, a incité le Maroc à solliciter l'aide secrète des services de renseignement israéliens. Lors d'une réunion en 1986 avec Shimon Peres, alors Premier ministre du régime sioniste, Hassan II a tenté de sortir de l'impasse avec l’aide du régime sioniste, mais a rencontré une réaction violente de la Ligue arabe et du peuple marocain. Hassan II a été contraint de reculer mais ses relations avec Perez se sont poursuivies jusqu'à sa mort en 1999. Perez avait d’ailleurs envoyé un message de condoléances. Le fils de Hassan II, Muhammad VI, a maintenu l'approche de son père et ses liens secrets avec le régime sioniste.
 
La crainte de l’Iran a poussé certains régimes dictatoriaux arabes et le Maroc à développer leurs relations avec le régime sioniste. Par exemple, Israël et le Maroc ont tous deux participé à la Conférence contre l’Iran, organisée à Varsovie en 2019, et en janvier 2020, le Maroc a acheté trois drones au régime sioniste dans le cadre d'un accord d'armement de 48 millions de dollars.
 
La coopération entre Rabat et Tel Aviv, est également étendue dans le domaine des technologies agricoles et des échanges. Actuellement, environ 50 000 Juifs se rendent au Maroc chaque année. La plupart de ces personnes viennent des territoires occupés pour rendre visite à leurs proches ou visiter les centres historiques Juifs. Au moins un million d’habitants des territoires occupés sont d'origine marocaine.
 
Selon l'expert du Moyen-Orient, Karim Mezran, l'annonce de la normalisation des relations entre le Maroc et le régime israélien, semble être une étape positive dans la réduction des tensions au Moyen-Orient, mais étant donné la situation actuelle, cette décision pourrait conduire à un nouveau conflit. Commentant les affrontements entre le Maroc et le Front Polisario au Sahara Occidental, Mazran a déclaré dans un communiqué publié sur le site Internet de l’Atlantic Conseil : « En fait, la reconnaissance par Trump, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, pourrait être confrontée à une réaction armée du front Polisario au Sahara occidental et en Algérie qui le soutient ».
 
« Cet accord est un autre accord en faveur des dirigeants des États-Unis, d'Israël et du Maroc, sur une parcelle de terre qui ne leur appartient pas », a déclaré Nabeel Khoury, membre et expert de l'Atlantic Council, soulignant que la situation au Sahara occidental, était ignorée et qu’une fois de plus, Trump avait cédé un territoire sans aucune discussion au Congrès et sans négocier avec les parties en conflit. 
 
« Bien que Trump ait déclaré reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, sur le terrain, la position des Nations Unies, du Front Polisario, de l'Algérie et même de la Russie ne changera pas, et les tensions dans les relations du Maroc avec ses voisins et le Polisario vont s'intensifier. Trump a une fois de plus ignoré trois décennies d'efforts diplomatiques américains et onusiens, pour parvenir à une solution pacifique au Sahara occidental, par le biais d'un référendum. La décision a été prise à l'occasion de la Journée mondiale des droits de l'homme, au nom de la paix, alors qu'elle ne rapprochera pas les populations de la région d'une paix réelle. L'administration de Donald Trump a montré qu'elle ne respectait aucunement les accords internationaux et que les résolutions de l'ONU sont sans valeur pour Donald Trump. Le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, la reconnaissance de cette ville comme capitale du régime sioniste, et la reconnaissance de la propriété israélienne du plateau du Golan étaient contraires aux résolutions de l'ONU et dans l'intérêt du régime sioniste. Contrairement aux attentes, la récente décision de reconnaître la souveraineté du Maroc sur la région du Sahara occidental mettra non seulement en péril la paix en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, mais fo
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