
Selon un article publié par Al-Mayadeen et rédigé par Walid Al-Qutati, membre du bureau politique du Mouvement du Jihad islamique palestinien, la confrontation menée par les États-Unis et le régime sioniste contre l’Iran dépasse largement les questions du nucléaire et des missiles. L’auteur affirme que la véritable cible est la philosophie révolutionnaire de la République islamique, considérée comme une menace profonde pour l’ordre occidental et son projet d’influence au Moyen-Orient.
Il rappelle que l’hostilité américaine a commencé dès la victoire de la Révolution islamique en 1979 et la fondation de la République islamique sous la direction de l’Imam Khomeiny. À cette époque, l’Iran ne possédait ni programme nucléaire avancé, ni missiles de longue portée, ni stratégie régionale structurée de soutien aux mouvements de résistance. Pourtant, Washington et Tel-Aviv affichaient déjà un objectif clair : affaiblir, contenir, voire mettre fin à l’expérience révolutionnaire iranienne.
La philosophie révolutionnaire comme source de légitimité
Pour l’auteur, le véritable danger que représente l’Iran réside dans la philosophie fondatrice de sa révolution. Cette pensée, établie par l’Imam Khomeiny, ne se limite pas à un cadre idéologique ; elle constitue la base de la légitimité du système politique. Sans cette philosophie, la République islamique perdrait sa justification aux yeux de son peuple et s’effondrerait de l’intérieur avant toute défaite extérieure.
Cette légitimité repose sur plusieurs dimensions complémentaires. Elle est d’abord religieuse, fondée sur le principe du velayat-e faqih et sur l’ancrage de l’islam dans la société iranienne. Elle est aussi historique, enracinée dans la tradition des soulèvements des opprimés contre l’injustice, notamment à travers la référence au soulèvement de l’Imam Hussein.
Elle est également révolutionnaire, issue du renversement du régime monarchique considéré comme autoritaire et corrompu, et de l’instauration d’un nouvel ordre politique. À cela s’ajoute une légitimité populaire, liée aux aspirations à la justice sociale, à l’indépendance politique, au développement économique et à la liberté intellectuelle. Enfin, une légitimité humaine se manifeste par le soutien déclaré aux opprimés du monde face aux puissances dominantes.
Un modèle indépendant face à l’hégémonie occidentale
Ces fondements ont conduit l’Iran à se définir en dehors de l’orbite américaine et à refuser de s’intégrer dans le système politique et civilisationnel dominé par l’Occident. La République islamique cherche ainsi à proposer un modèle alternatif, fondé sur l’islam révolutionnaire et sur l’indépendance politique et culturelle.
Dans ce cadre, le refus de la normalisation avec Israël occupe une place centrale. L’auteur estime que les États-Unis promeuvent une nouvelle phase de normalisation visant à intégrer pleinement Israël dans la région en position dominante. L’Iran, au contraire, ne se contente pas de rejeter cette dynamique, mais soutient un projet de libération de la Palestine sans reconnaissance de la légitimité de l’État israélien.
La Palestine au cœur de la légitimité révolutionnaire
Le texte souligne que l’opposition au régime sioniste a joué un rôle majeur dans la délégitimation du régime du Shah. Son alliance stratégique avec les États-Unis et Israël aurait nourri la contestation populaire qui a conduit à la révolution. Après 1979, le soutien à la cause palestinienne est devenu un pilier fondamental de l’identité et de la légitimité de la République islamique.
L’Imam Khomeiny a élevé la question palestinienne au rang de priorité pour l’ensemble des musulmans, transformant cette position en orientation constante de la politique iranienne. La Palestine est ainsi intégrée au cœur de la philosophie révolutionnaire iranienne, à la fois pour des raisons politiques et religieuses, notamment en raison du statut sacré de Jérusalem et de la mosquée Al-Aqsa.
Selon cette vision, Israël est perçu comme un avant-poste du projet occidental dans la région et comme une menace non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour l’ensemble du monde musulman, y compris l’Iran. Une guerre visant l’âme idéologique du système