
Selon l’agence palestinienne WAFA, cette mesure prévoit, pour la première fois depuis 1967, la reprise du processus officiel de cadastre et d’enregistrement foncier dans de larges zones du territoire occupé.
Les autorités israéliennes justifient cette initiative comme une procédure administrative, mais ses détracteurs y voient un mécanisme juridique destiné à consolider le contrôle israélien et à faciliter l’expansion des colonies. L’enregistrement des terres comme « propriétés d’État » offrirait en effet une base légale à de nouvelles constructions et à l’extension des implantations existantes.
Les mouvements palestiniens dénoncent une tentative d’imposer des faits accomplis sur le terrain et d’accélérer la judaïsation du territoire, en violation du droit international et des résolutions pertinentes des Nations unies. Plusieurs capitales arabes ont également exprimé leur rejet catégorique de cette décision, estimant qu’elle compromet davantage les perspectives d’une solution politique fondée sur la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Jordanie : « Israël n’a aucune souveraineté sur la Cisjordanie »
Le ministère jordanien des Affaires étrangères a condamné avec fermeté la décision israélienne d’annexer des terres palestiniennes occupées et de transférer des parcelles de Cisjordanie sous l’appellation de « terres d’État ». Amman considère cette mesure comme une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire.
La Jordanie a souligné que ces actions portent atteinte au droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination, à la fin de l’occupation et à l’établissement d’un État indépendant et souverain dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est occupée pour capitale.
Le porte-parole du ministère, Fouad Al-Majali, a affirmé qu’Israël n’exerce aucune souveraineté sur la Cisjordanie occupée et que toute tentative d’y imposer ses lois constitue une violation manifeste des résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2334 de 2016. Celle-ci condamne toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut des territoires palestiniens occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est.
Amman a également rappelé l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice confirmant l’illégalité de l’occupation des territoires palestiniens et l’invalidité des politiques de colonisation et d’annexion.
Qatar : une extension des projets illégaux de spoliation
Le ministère qatari des Affaires étrangères a dénoncé la décision israélienne de qualifier des terres de Cisjordanie de « terres d’État » placées sous le contrôle des autorités d’occupation. Doha estime que cette initiative s’inscrit dans la continuité de politiques illégales visant à confisquer les droits du peuple palestinien.
Le Qatar a insisté sur la nécessité d’une solidarité internationale accrue pour faire pression sur Israël afin de stopper l’application de cette décision et d’éviter ses conséquences graves. Selon le communiqué, la communauté internationale doit assumer ses responsabilités pour empêcher toute escalade susceptible de compromettre davantage la stabilité régionale.
Doha a réaffirmé son engagement constant et inébranlable en faveur de la cause palestinienne et de la résilience de son peuple. Cet engagement s’inscrit dans le respect du droit international et du principe de la solution à deux États, garantissant l’établissement d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Le Qatar considère que toute tentative de modifier unilatéralement le statut des territoires occupés constitue une atteinte directe aux fondements du processus de paix et aux droits légitimes du peuple palestinien.
Égypte : un risque d’escalade régionale
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a condamné la décision du cabinet israélien de relancer le processus d’enregistrement foncier en Cisjordanie occupée pour la première fois מאז 1967. Le Caire y voit une escalade dangereuse visant à consolider la domination israélienne sur les territoires palestiniens occupés et à affaiblir les droits légitimes des Palestiniens.
L’Égypte a affirmé que cette mesure viole clairement le droit international, notamment la quatrième Convention de Genève, ainsi que les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2334 de 2016, qui confirme l’illégalité des colonies dans les territoires occupés.
Selon le communiqué, les actions unilatérales d’Israël destinées à modifier le statut juridique, historique et démographique des territoires occupés, notamment par l’enregistrement massif de terres comme « propriétés d’État », cherchent à imposer une nouvelle réalité administrative en Cisjordanie.
Le Caire a averti que cette décision pourrait intensifier les tensions et accroître l’instabilité non seulement dans les territoires palestiniens, mais aussi dans l’ensemble de la région. L’Égypte a réitéré son rejet total de toute mesure unilatérale affectant le statut des territoires occupés.