12:36 - May 09, 2022
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Téhéran(IQNA)-Depuis le début du Ramadan, les tensions entre Palestiniens et sionistes ont atteint leur paroxysme à la mosquée Al-Aqsa, et ces affrontements se sont étendus aux villes de la Palestine occupée.

David Frank, professeur à l'Université de l'Oregon depuis 1981, et actuellement membre du corps professoral du « Robert D. Clark Honors College », estime que les tensions entre Israéliens et Palestiniens, trouvent leur origine dans les tensions internes entre les Palestiniens et le processus incertain de démocratisation en Palestine, et sont aussi dues à l'échec du plan des deux Etats. 

David Frank a publié dans le domaine des études internationales, notamment sur la question de Palestine, dont le livre le plus célèbre est le livre « Shared Land / Conflicting Identity : Trajectories of Israel and Palestinian Symbol Use ». 

Dans une interview avec l’Agence iranienne de presse coranique (IQNA), David Frank a parlé des tensions récentes dans les territoires occupés, et déclaré : « La crise récente est le produit d'anciennes tensions. L'antisémitisme en Europe et l'Holocauste ont donné naissance au sionisme. Le sionisme, à son tour, a établi l'État d'Israël qui lors de sa création, a expulsé et déplacé 800 000 Palestiniens, créant une catastrophe et une tragédie en Palestine. Les Palestiniens ont des pouvoirs que les dirigeants (palestiniens) n'ont pas utilisés. Les tensions actuelles dans les territoires palestiniens, trouvent également leur origine dans les lieux saints de l'islam et du judaïsme à Jérusalem. Pendant le Ramadan et l'Aïd el-Fitr, ces lieux deviennent instables et explosifs, notamment avec l'occupation israélienne, le désespoir palestinien et l'étalage de la puissance israélienne.  La mort d'une solution à deux États sur une seule terre, peut être attribuée au refus d'Israël de reconnaître pleinement le nationalisme palestinien et à la faiblesse du leadership palestinien. Étant donné que les Israéliens ont beaucoup plus de pouvoir et le soutien des États-Unis, ils sont plus responsables de cette défaite que les Palestiniens.

Comme l'ont souligné Rashid Khaledi (historien palestino-américain du Moyen-Orient) et Edward Saïd (professeur d'études arabes modernes à l'Université Columbia 24), les Palestiniens ont des pouvoirs que les dirigeants palestiniens n'ont pas utilisés de manière responsable. Les Palestiniens doivent construire un système véritablement démocratique et utiliser des stratégies plus efficaces. La construction de colonies israéliennes sape toute perspective d'une Palestine durable et active. La normalisation des relations entre plusieurs pays islamiques et Israël, existe depuis trente ans et le soi-disant « Accord d'Abraham » est une reconnaissance officielle de ces relations. L'accord couvre le manque d'efforts pour promouvoir une relation pratique, négociée et médiatisée, entre Palestiniens et Israéliens, ainsi que la situation économique désastreuse que connaissent les Palestiniens.                                                           

Si la normalisation économique ne conduit pas à une modernisation démocratique et à des programmes sociaux visant à promouvoir l'égalité économique, le résultat sera la poursuite de l'Intifada et d’autres printemps arabes. Il est nécessaire d’instaurer une véritable démocratie palestinienne. Les Palestiniens aspirent à un système de gouvernement qui reflète les vues de la majorité. La direction actuelle de l’Autorité palestinienne est considérée comme incompétente et corrompue. Mahmoud Abbas et la direction actuelle sont âgés, et la plupart des Palestiniens les considèrent comme des alliés de l'armée israélienne. Un leadership plus jeune est nécessaire. Les sondages d'opinion montrent que Marwan Hasib Ibrahim Barghouti (homme politique palestinien et commandant militaire membre du mouvement Fatah détenu par Israël depuis 2002, pour le meurtre de quatre Israéliens), est un homme politique palestinien populaire qui pourrait répondre à cette attente. Les Palestiniens doivent soit présenter un nouveau plan, soit accepter l'Initiative de paix arabe ou le Projet de Genève. 

Le recours à la violence est finalement inefficace ou a des résultats opposés. Il existe une alternative à la violence, c’est-à-dire un effort diplomatique beaucoup plus sophistiqué de la part des Palestiniens, mais comme Eduard Saïd et Rashid Khaledi l’ont dit à plusieurs reprises, l'accès des Palestiniens au monde anglophone est souvent inefficace ».
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