En septembre 2000, un déplacement d'Ariel Sharon, alors membre de l'opposition, sur le site de l'Esplanade des mosquées (le mont du Temple des juifs et des chrétiens) avait été considérée par les Palestiniens comme une provocation. Elle avait dégénéré en affrontements meurtriers et donné le signal de la deuxième Intifada palestinienne.
Vendredi, la police a lancé des grenades assourdissantes pour repousser de petits groupes de jeunes hors des murs de la vieille ville de Jérusalem. À un point de passage entre Israël et la bande de Gaza, des dizaines de manifestants palestiniens ont été repoussés par des jets de gaz lacrymogènes.
Des manifestations ont également eu lieu en Cisjordanie, à un point de contrôle près de Naplouse et à Hébron, où un tireur isolé palestinien a abattu un soldat israélien dimanche.
Ces affrontements ont fait quelques blessés légers selon des témoins. La police a annoncé l'arrestation de douze Palestiniens à Jérusalem pour jets de pierres sur les forces de l'ordre.
Les Palestiniens sont contre la venue des Juifs sur ce site qui donne sur le mur des Lamentations. Ils considèrent ces visites, qui se font sous escorte policière, comme un renforcement du contrôle israélien sur la vieille ville et une étape vers un accès restreint à la zone pour les musulmans.
"UNE TROISIÈME INTIFADA"
Israéliens et Palestiniens ont repris fin juillet leurs négociations de paix sous l'égide des Etats-Unis, après trois années de suspension. Mais, la situation s'est tendue sur le terrain durant les fêtes juives du mois de septembre (Roch Hachana, Kippour, fêtes des cabanes), les dirigeants palestiniens voyant d'un mauvais oeil l'arrivée en masse de visiteurs juifs. Certains auraient contrevenu à l'interdiction de prier sur la vaste esplanade.
"L'Intifada (en 2000) a éclaté parce que la mosquée al Aksa était prise d'assaut. En ce moment, ils (les Israéliens) investissent al Aksa tous les jours", a lancé Mouchir al Masri, un responsable du Hamas, le mouvement islamiste qui gère la bande de Gaza, devant des milliers de personnes lors d'un rassemblement sur cette enclave palestinienne.
"Nous appelons notre peuple à se révolter contre la tyrannie et l'agression. Déclarons une troisième Intifada parce que c'est la meilleure façon de donner une leçon aux agresseurs", a-t-il dit, ajoutant que les Juifs "un par un" seraient chassés de Jérusalem.
Des manifestants ont brûlé des images représentant les dirigeants israéliens ainsi que trois cercueils. Sur l'un d'entre eux était écrit : "mort à Israël".
Malgré cet appel à une troisième révolte, les mouvements de protestation dans la bande de Gaza et en Cisjordanie n'ont finalement pas été très importants.
Dans un discours jeudi aux Nations unies, Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a demandé l'arrêt des visites sur le site d'Al Aksa.
"Il faut mettre fin aux attaques quasi quotidiennes sur les sites religieux de Jérusalem occupée, au premier rang desquels se trouve la mosquée d'Al Aksa, (...)", a-t-il dit en laissant entendre que la poursuite des visites juives aurait "des conséquences terribles".
Source: zonebourse