Mark Basseley Youssef, plus connu sous ses pseudos Nakoula Basseley Nakoula ou Sam Bacile, persiste et signe. Le sulfureux réalisateur de la vidéo L'Innocence des musulmans annonce qu'il recherche des partenaires pour financer ses nouveaux projets : un film et une série sur les origines du terrorisme islamique.
Rappel des faits : le 2 juillet 2012, cet Egyptien-Américain copte, résidant en Californie, mettait en ligne la longue bande-annonce de L'Innocence des musulmans, dépeignant un prophète Mahomet pervers et violent. Un brûlot islamophobe de piètre qualité qui avait déclenché une vague de colère dans le monde arabe tout au long de l'été.
L'homme, relâché la semaine dernière après plusieurs mois de détention pour une arnaque bancaire sans rapport avec le film, s'explique et confie ses projets en exclusivité au site du Hollywood Reporter.
A la question "Pourquoi avoir fait un film si provocateur ?", Youssef répond par une liste de persécutions des chrétiens du Moyen-Orient par des musulmans. "Mon message est simple : montrer aux Américains la souffrance des chrétiens d'Egypte." Il justifie également sa démarche par les attaques du 11-Septembre. "Les Etats-Unis n'ont rien fait à ces gens. (...) Ça me rend malade. Vous et moi, nous devons faire quelque chose contre cette culture de mort de l'islam, mais sans faire couler de sang."
Youssef explique qu'il a tout perdu depuis le massacre de Benghazi. Dans un premier temps, en effet, son film avait été suspecté d'être à l'origine de l'attaque du consulat américain de la ville libyenne, qui avait fait quatre morts, dont l'ambassadeur américain, Christopher Stevens, en septembre 2012. Après enquête, les Etats-Unis avaient finalement reconnu que cette attaque était terroriste, en lien avec Al-Qaida, et non pas le fait de la foule manifestant son indignation contre le film.
Depuis cet attentat, donc, ses trois enfants ont peur de lui parler et il vit sans argent, hébergé et nourri par une communauté chrétienne du sud de la Californie. "Certains pensent que j'ai causé la mort de citoyens américains (...) C'est pourquoi on m'a traité comme un terroriste. Cela me fait mal, très mal. (...) En prison, j'étais dans une unité spéciale, isolé pendant huit mois. J'ai failli devenir fou. On m'a expliqué que c'était pour ma propre sécurité", confie-t-il.
Même si un tribunal égyptien l'a condamné à mort pour son film blasphématoire, Youssef assure pourtant qu'il ne craint pas pour sa vie. "Ce n'est pas important si je vais en prison ou si je suis tué. Mais j'ai un message : nous devons contrer la culture de la terreur pour épargner des vies. J'ai besoin du support des gens", ajoute-t-il.
Il explique que son accès à Internet est désormais restreint, et qu'il n'a plus le droit de poster des vidéos sur YouTube. Il affirme par ailleurs que l'Innocence des musulmans existe bel est bien en tant que film – ce dont de nombreuses personnes doutent encore – d'une durée de 2 heures. Il serait stocké dans un coffre-fort. "J'ai besoin d'un distributeur courageux", précise-t-il.
Source: lemonde